de François Ascher, Editions Odile Jacob, Paris, 2005
Avec ce nouveau livre, l’auteur poursuit son analyse de la société « hypermoderne » en s’appuyant cette fois sur l’évolution des pratiques alimentaires. La fourchette et les baguettes, le micro-ondes et les portions individuelles, le péché de gourmandise, l’anorexie et l’obésité « épidémique », la gatronomie, moléculaire, les McDos, le slow-food et le fast good, sont autant d’objets, de faits et de pratiques sociales qui, analysés finement, révèlent des traits structurels de la société contemporaine. François Ascher en tire des hypothèses théoriques ambitieuses et stimulantes à partir d’études documentées et vivantes, montrant notamment que le modèle individualisé du restaurant s’impose partout, y compris au domicile ; que les sociabilités volontaires, l’amitié en particulier, jouent un rôle social croissant et s’appuient sur les pratiques alimentaires ; qu’émerge une nouveau groupe social, « la classe créative », pour qui la nourriture devient une question d’esthétique quotidienne ; que les individus plus libres, reconstituent eux-mêmes de nouveaux interdits et réfléchissent de plus en plus avant de manger ; que l’important, ce n’est pas la minceur, mais le régime ; que le combat de George Bush contre l’obésité rejoint celui de José Bové contre la malbouffe…