Le design culinaire reste encore aujourd'hui confidentiel. C'est portant une discipline qui gagne en importance dans l'univers de l'alimentaire.
Ce qui est de l'ordre de la création en cuisine n'est pas nécessairement du design culinaire, pas plus que ce qui a du style!
Les plats sortis tout droit des cuisine du Plazza, même bien dressés et pensés, n'en sont pas davantage. Une bûche de noël dessinée par une créatrice n'est pas du design culinaire.
Arrêtons d'utiliser le terme de design dans sa forme adjectivé et nous aurons fait un grand pas dans la tentative de compréhension du design culinaire.
"il ne s'agit pas ici de dessiner des assiettes ou des couverts, mais d'explorer de nouvelles sensations, d'envisager une approche différente des rituels qui accompagnent les aliments. la recette du design culinaire est de ne pas en avoir, il entend faire de la cuisine une fête des sens, mais également celle su sens. En levant les hypocrisies et les querelles de chapelles qui accompagnent souvent l'alimentaire, le design culinaire propose d'autres thématiques : jeu, plaisir, interractivité, surprise, imaginaire, défoulement, contemplation, engagement ou provocation..." écrit Thierry de beaumont dans Design Culinaire, le Manifeste sous la direction de Marc Brétillot.
Pour aborder cette question nous devons mettre en présence deux forces qui ont leurs propres champs de compétences : les métiers de bouche, les chefs de cuisine le plus souvent, et ceux du design.
Les plasticiens ont depuis quelques années déjà investis les champs de la cuisine, Daniel Spoerri en premier lieu par le biais de performances, d'installations, de pratiques (Spoerri est l'inventeur et le principal moteur du Eat Art, qu'il
même défini).
Les chefs de cuisine, à leur manière, ont bousculé les pratiques de leur discipline.
Un très bon exemple est celui de Ferran Adria dans ses cuisines du restaurant El Bulli du côté de Barcelone.
Le matériau aliment est riche pour un designer : textures, couleurs, facilité d'exploitation... nombreux signifiants. A lui à présent, de concevoir des créations comportant autant de signifiés.
Selon Emmanuelle Becquemin, designer culinaire, le designer tente aujourd'hui de nous faire vivre une expérience, de concevoir ce que nous appelons objets à manger, où l'usage, la valeur et le goût sont pris en compte, scénarisés (sur ce point la frontière qui délimite l'univers du designer culinaire de celui de scénographe/créateur culinaire est bien mince voire inexistante
parfois).
Les champ d'applications sont alors sans mesures : designer de la nourriture et tout ce qui interagit sur la prise de nourriture, en laissant au spécialiste (le chef) le soin de créer et de gouverner le goût. Le designer intervient à plusieurs niveaux : contenant, contenu, lumière, espace, déambulation, etc... autant d'éléments au service de ce qui va être dégusté et non en tant que décor. Fort de cette échelle et des champs d'application (artisanat ou industrie) enjeux et propos sont bien évidemment très variés. Le designer doit s'attacher à trouver et exprimer toute la cohérence qui existe entre un aliment et ses attributs.
Faire se rencontrer une scénographie du geste et de la table avec un design du goût, tel peut être l'enjeu du travail entre designer et cuisinier.

Liste non exhaustive de designer culinaire et de créateurs
-   Marc Brétillot, le précurseur
-   L'ESAD de Reims
-   Stéphane Bureaux
-   Germain Bourré
-   Marti Guixe
-   Emmanuelle Becquemin
-   Bouche B
-   Julie Rhothahhn